L’Ange du tamaris
opus 12, pour violoncelle solo
Commande du Festival des Bucoliques Pays de Racan (Indre et Loire).
Dédié à Dominique de Williencourt.
Durée : 11 minutes 30 environ.
Reprenant comme matériau initial certains éléments musicaux du Songe de Lluc Alcari, l’œuvre débute par la mise en valeur d’une forte polarisation sur un ré bémol.
De caractère strophique, elle se développe peu à peu, gagnant en intensité grâce au déploiement progressif de la matière musicale. De simple monodie richement ornementée, elle va s’enrichir d’un aspect plus polyphonique et tendre à s’affranchir des registres graves pour atteindre des registres plus étendus, permettant pleinement à son chant de s’épanouir et d’exprimer une forte sensualité sonore. Cette pièce s’achève par un retour à un aspect plus litanique et méditatif, proche de l’esprit du début, intégrant le silence comme renforcement de l’expression musicale.
Jean-Pierre Cholleton
Temps de mûrissement.
Très court. Composé dans la foulée de la création du Songe de Lluc Alcari, sur la demande de Dominique de Williencourt.
Achevé le 23 mai 1995. Commande d’un festival qui avait pris pour thème, en 1995, celui de « l’Ange ».
Idée maîtresse.
L’apparition bienveillante de l’archange Michaël venant chercher Abraham pour le conduire au Paradis (Testament d’Abraham, 2, 1-5).
Sources d’origine animale : 1 oiseau.
L’« Ange-oiseau » : Cossyphe d’Heuglin, Cossypha heuglini, Hartlaub.
d’après les carnets de Jean-Louis Florentz.
Les Anges : êtres intermédiaires entre Dieu et les hommes.
Ils pourraient, selon certains textes anciens, ne revêtir de l’homme que l’apparence.
On a beaucoup disserté sur leur sexe : moi, je crois qu’ils sont tous mâles, et d’une beauté insoutenable.
Il en est très souvent question dans ma musique: l’Ange du Magnificat-Antiphone op. 3, les Sept Archanges du Requiem de la Vierge/Asún op. 7, les Trois Anges du Songe de Lluc Alcari, les Anges-Esprits de la brousse dans les deux Chants de Nyandarua op. 6 et 11.
Le Tamaris : cet arbre évoque la douceur de la solitude, les vastes étendues désertes, l’indifférence de l’éternité. Abraham planta cet arbre à Beer Sheba avant d’invoquer YHWH (Gn. 21, 33).
« ... Jusqu’à ce qu’ils fussent arrivés auprès d’un tamaris à trois branches.
Alors ils perçurent une voix qui sortait des branches comme le murmure d’esprits, en
prononçant par trois fois : “Saint, Saint, Saint” ; celui qui vint chez lui avec un message…
... Alors le vieil Abraham se leva afin de rencontrer l’Archange… :
“Raconte-moi, je t’en prie, ô jeune homme, d’où viens-tu, et pourquoi es-tu si beau?...” »
(Testament d’Abraham, version éthiopienne (Falacha), Ms. 107)
Le Violoncelle: l’instrument mâle par excellence, bâti pour chanter, quelle que soit sa tessiture, et qui ne se joue que dans l’étreinte. Il a, en particulier dans le médium, la chaleur sensuelle du brocard, le faste et la splendeur de la caste la plus digne : celle des pauvres qui savent êtres de grands seigneurs…
26 janvier 1996
Audition et enregistrements
Création : le 27 août 1995 à Neuvy-le-Roi, au festival Les Bucoliques du Pays de Racan
Violoncelle : Dominique de Williencourt
CD TRI 2021 Musique française pour violoncelle, Dominique de Williencourt, Triton (1996)
Violoncelle, Dominique de Williencourt
CD ARN 68414, ARION (1997)
Violoncelle : Arto Noras
CD MFA 216023, MFA-RADIO FRANCE, distribution Harmonia Mundi (1998).
Partition
Éditée chez Alphonse Leduc Paris sous la référence AL 29053.
Disponible à l’achat, par exemple sur la librairie foliomusic.