L’œuvre musicale
Liés à mon parcours personnel, les thèmes de l’accueil, de la tolérance, mais aussi de l’appel irrésistible vers l’au-delà à travers le surréel et le féérique, sont la toile de fond de l’ensemble de ma musique [...].
« Qṣar Ghilâne », genèse d’une création, Jean-Louis Florentz (dépôt légal SNAC n° 5-3285)
Quinze opus revendiqués
- Magnificat op. 3
- Laudes op. 5
- Chant de Nyandarua op. 6
- Asún op. 7
- Debout sur le soleil op. 8
- Asmarâ op. 9
- Le Songe de Lluc Alcari op. 10
- Second chant de Nyandarua op. 11
- L’Ange du tamaris op. 12
- Les Jardins d’Amènta op. 13
- L’Anneau de Salomon op. 14
- La Croix du Sud op. 15
- L’Enfant des Îles op. 16
- L’Enfant noir op. 17
- Qṣar Ghilâne op. 18
Les opus 1 : Ti’ndé, 2 : Ténéré, 4 : Les Marches du Soleil ont été retirés du catalogue par Jean-Louis Florentz.
Autres œuvres :
- Lune de sang, pour cor solo (1981), durée 4 min. environ (partition A. Leduc n° 26176)
- Vocalise, pour voix moyenne (1982), durée 3 min. 30 (partitino A. Leduc n° 27115)
Un processus de composition long et documenté
L’acte d’écrire exigeait du temps. Voyage d’étude, multiples lectures et recherches, contemplation de centaines de photos prises lors du voyage suivie d’une sélection rigoureuse.
Une œuvre symphonique ne prenait pas moins de deux années. Cette lente élaboration était due à la complexité d’une écriture où se conjuguent différents messages et strates de lecture.
Les dernières années témoignent d’une accélération du processus créateur : Jean-Louis Florentz composa ses dernières œuvres (opus 12 à 18) entre 1995 et 2003.
Préférence pour l’orchestre
Qui dit orchestre dit multitude, multitude virtuelle de sons de signes, de gestes, de lignes d’ondes et d’harmoniques assemblés par l’homme et pour lui.
Or c’est précisément de tout cela que se réclame, de manière ontologique, l’art de Jean-Louis Florentz : un orchestre arborescent où se nouent entre elles les multiples options de son acte créateur… Surgissements d’oiseaux, cantilènes nomades, polyphonies africaines, contrepoints de liturgies, pulsions sensorielles, rythmes biologiques, l’animal et l’humain, appropriation de l’exogène, fascination de l’antérieur, consanguinité des traditions, émergence du conte, décryptage de symboles, réceptacle de secrets, professions de foi.
Inutile de chercher une pensée linéaire au milieu de cette jungle d’orgues aux voix simultanées : les sens et l’esprit se trouvent littéralement enserrés dans un réseau de sollicitations et de recours dont l’objet final se dévoile par captations successives, sans préjudice du silence consubstantiel.
Reste le dénominateur commun de ces architectures organiques : l’exigence d’une oreille intérieure qui, chez Jean-Louis Florentz, contrôle tous les parcours avec une exactitude exemplaire.
Ainsi se définit dans le temps et la mémoire l’unité nécessaire au destin de l’œuvre.
Myriam Soumagnac, juillet 2005
L’orgue et le violoncelle
L’impérieux besoin de l’étoffe orchestrale allié à une science et conscience aiguës de l’orchestre expliquent la préférence de Jean-Louis Florentz pour l’univers symphonique. Les trois œuvres de musique de chambre et un concerto privilégient le violoncelle.
L’orgue, cet instrument si impressionnant [...] est pour lui le médium capable de transmettre [...] la charge émotionnelle et symbolique qu’il place dans ses œuvres.
Michel Bourcier, octobre 2004
Médium, lieu d’expériences et de recherches sonores pour l’orchestration en devenir. L’orgue est considéré, de l’aveu même de Jean-Louis Florentz, comme une « préfiguration » de l’œuvre symphonique en devenir :
J’ai découvert à Saint-Eustache que l’on pouvait penser la registration non seulement en fonction des sons réels entendus avec leur(s) timbre(s) spécifique(s), c’est-à-dire en ajouts et combinaisons de jeux de détail, mais aussi en termes d’orchestration. Certains jeux en effet, peu typés lorsqu’ils sont utilisés isolément, provoquent des effets acoustiques et orchestraux inattendus lorsqu’ils sont utilisés en mélange. Il est nécessaire de pouvoir contrôler ces effets afin qu’ils soient utiles organiquement dans un ouvrage. [...] Il ne s’agit plus véritablement de registration, mais plutôt d’orchestration.
Les grandes orgues de Saint-Eustache (à Paris) et de Notre-Dame de Paris furent ses instruments de prédilection.