De fréquentes confusions nécessitent l’information suivante :
Anciennement Requiem de la Vierge, l’œuvre s’intitule—depuis 1999—Asùn.
(Assoun est le diminutif du prénom espagnol Maria de la Asuncion)
Asùn
Conte liturgique sur l’Assomption de Marie op. 7 pour soprano, ténor, baryton, chœur mixte, chœur d’enfants et orchestre
Commande de Radio-France en 1986-1988.
Durée : 50 min environ.
Textes originaux latins, grecs, arabes, éthiopiens traduits en latin par Juan José Torres Esbarranch, professeur de philologie grecque à l’Université de Palma de Mallorca.
Asùn est la troisième partie d’un Triptyque Marial dont la composition s’étale de 1979 à 1988. Cette trilogie avait débuté par le Magnificat-Antiphone pour la Visitation, pour ténor, chœur mixte et orchestre, et s’était poursuivi avec les Laudes, sept pièces pour orgue.
La liturgie éthiopienne, l’univers religieux et culturel est-africain, sont au cœur de cette fresque mariale, cela dans les détails même de l’écriture.
Sur le plan spirituel, j’ai cherché à donner à l’ouvrage une dimension supra-confessionnelle. Marie, Mère de Dieu et des chrétiens, est Mère de l’Humanité, Mère Universelle. C’est dans Asùn où se côtoient des extraits du Coran, des textes Juifs falacha, des apocryphes grecs et éthiopiens, que cette dimension apparaît le plus nettement. L’ancien récit grec de la Dormition m’a fourni la trame à partir de laquelle j’ai construit un conte.
Scénario (introduction)
Le Lac Tana, en Éthiopie vers l’an 50, au début du Keremt (saison des pluies). Marie, assise sur le seuil de sa petite maison, est occupée à recoudre un filet à l’aide d’une aiguille d’os. De temps à autre elle regarde les pêcheurs, loin sur le lac. Derrière eux se profile la petite île Tana Cercos.
Elle se remémore son premier séjour au lac Tana, lorsque peu de temps après la naissance de Jésus, elle dut fuir les soldats d’Hérode avec Joseph. Elle y est revenue depuis plusieurs années, sans doute pour toujours. Cette fois, elle a dû quitter la Thrace où elle avait suivi l’Apôtre Jean. C’est la Terreur de Claude et Messaline en Méditerranée, et depuis 46, la Thrace est devenue province romaine.
Jean a reconduit Marie en Éthiopie, craignant l’intensification des persécutions. Beaucoup de Juifs sont également venus s’installer dans les montagnes du Semien, non loin du lac Tana : ils sont une branche des ancêtres des Falacha.
Marie vit seule ici, avec quelques servantes. Deux ou trois fois par an, Matthieu vient la voir. Il évangélise au sud du Soudan et en Érythrée.
Le conte se poursuit à travers sept tableaux dont la plupart se succèdent sans transition.
I. L’Aube sur le lac Tana, en Éthiopie.
II. L’Ange à la Palme.
III. La Forêt des Arcanes.
IV. L’Autel de l’Eau (Prière de Marie au Golgotha).
V. L’Arche de Miséricorde.
VI. Colonnes de soleil.
VII. Portes de la Lumière.
Le quatrième tableau peut être exécuté séparément. Il porte le titre : « Prière de Marie au Golgotha », pour soprano et orchestre (durée moyenne : 12 min.).
Extraits de presse
Pureté d’expression
Dans le cadre du Festival d’Art Sacré de la Ville de Paris, le NOP et les chœurs de Radio-France ont créé jeudi au Grand Auditorium la dernière œuvre de Jean-Louis Florentz, Requiem de la Vierge.
À quarante ans, Florentz confirme bien la place qui lui revient de droit en tête de sa génération. De partition en partition, il élabore une écriture toujours plus fouillée, toujours plus efficace, très moderne dans sa conception et par sa sensibilité, mais sans agressions inutiles, sans nombrilisme non plus. Pour lui, l’essentiel est de dire ce qu’il veut, de créer ces climats sonores très particuliers, sans recherche formelle théorique non motivée. La masse orchestrale et chorale est traitée avec une science de plus en plus impressionnante, avec de magnifiques contrastes entre la fluidité, la translucidité de cette masse sonore, et l’ampleur du propos.
[...] Et puis, il y a, comme toujours dans les œuvres de Florentz, ce souffle du désert, cet appel vers un espace sans limites, cette pointe d’exotisme qui excite l’esprit et convient particulièrement bien au contenu spirituel de ce Requiem.
Gérard Mannoni, Le Quotidien de Paris du 19 décembre 1988
Créations en chaînes
Autre superbe concert, l’autre soir à Radio France, avec la création du Requiem de la Vierge, de Jean-Louis Florentz. Là aussi, au-delà des générations, il s’agit d’une musique inspirée. Musique également en dehors des modes qui constitue l’ultime volet d’un triptyque marial comprenant un Magnificat et des Laudes, sept pièces pour orgue seul.
Ethno-musicologue, Florentz ne cache pas sa fascination pour l’Afrique. C’est une Vierge éthiopienne qu’il célèbre ici dans une douce lumière debussyste à l’orchestre et avec une écriture vocale d’une extrême pureté, trois solistes venant s’incruster dans de superbes chœurs d’enfants et d’adultes.
Un vitrail flamboyant auquel ne manque pas même un clin d’œil à Messiaen sous forme d’un chant d’oiseau.
Jacques Doucelin, Le Figaro du 21 décembre 1988
Les oiseaux dans Asùn
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Auditions et enregistrement
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Partition
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