Chant de Nyandarua1 op. 6
Litanies pour quatre violoncelles (1985)
Second Chant de Nyandarua op. 11
Litanies pour douze violoncelles (aussi huit violoncelles).
Commande de Radio-France.
Opus 6 dédié à Paul Boufil.
Durée : 11 minutes environ.
[...] la version pour quatuor de violoncelles de ces Litanies est en réalité le reliquat d’un vaste mouvement symphonique où huit violoncelles concertaient ensemble, comme un « chœur », avec un grand orchestre. C’était le second mouvement des Marches du soleil, op. 4, diptyque créé à Munich en 1984. Insatisfait de ce second mouvement, j’ai conservé l’essentiel de la matière des violoncelles pour la repenser dans un cadre instrumental, sans me limiter à une formation en quatuor, car cette matière musicale reste intrinsèquement symphonique.
Les douze violoncelles du Second Chant de Nyandarua, op. 11, présentent une version remaniée, plus développée, mais surtout une « lecture » plus exacte de mes intentions initiales…
Opus 11 dédié à Marcel Bardon, Paul Boufil, Yvan Chiffoleau, Philippe Muller et Dominique de Willancourt.
Durée : 15 minutes environ.
Le titre des deux ouvrages indique le caractère « initiatique » de ces Litanies, inspirées de chants religieux entendus de loin en loin dans le Nyandarua, chaîne de montagnes située sur le bord de la Rift Valley, au Kenya. C’est un des hauts-lieux du culte divin des principales ethnies du pays.
Ces deux ouvrages ne sont qu’une indicible nostalgie, un « mal du pays » incœrcible que seuls peuvent ressentir ceux qui ont passé de nombreux mois dans cette immensité mystérieuse et envoûtante qu’est le Tsavo (au sud-est du Kenya), savane à acacias et baobabs qui s’étend au pied du Kilimandjaro, jusqu’à l’Océan Indien. Il faut avoir entendu le Calao gris (Tockus nasutus, L.) creuser le silence de cette étendue splendide pous être marqué à jamais par l’insondable magie de l’Afrique orientale, qui est aussi le berceau de l’Humanité...
[...] les violoncelles jouent presque constamment dans la même tessiture et les tierces parallèles, très fréquentes dans la musique africaine, surtout Bantu, donnent à l’ensemble une couleur typée qui évoque, ici et là, les intonations harmoniques du Reggae ou de certaines musiques est-africaines récentes…
De même que tous les oiseaux africains qui interviennent dans ma musique en général, le Calao gris est un agent rythmique, c’est-à-dire un commentateur, un répondeur et un stimulateur de sens de ce petit « conte africain » qu’est le Chant de Nyandarua.
(textes extraits de la préface de la partition.)
Extraits de presse
Le quatuor Cello au service du compositeur Jean-Louis Florentz
Nous ne manquons pas de répertoire, confie Maureen McDermott, fondatrice de Cello, mais de pièces denses, réellement bien écrites pour notre formation. Ce n’est que fort récemment que le public américain a accepté les programmes mixtes. [...] Aujourd’hui, nous pouvons donner des pièces de jazz et l’œuvre plus « difficile » de Florentz ici, dans une galerie new-yorkaise comme la Landon Gallery, ou dans une grande salle de concert du Lincoln Center. [...] Et nous souhaitons continuer de commander des pièces « sérieuses » et « légères ».
Le compositeur « sérieux » qui leur manquait s’est imposé vite à leurs oreilles. Jean-Louis Florentz—jeune membre de l’Institut mais que nous suspectons d’être plus à l’aise dans les sables du Sahara—aime le violoncelle. Il lui a consacré un magnifique concerto où l’instrument soliste se dédouble, entretenant une relation gémellaire avec le premier violoncelle du rang.
Cette pratique démultiplicatrice affecte également Chant de Nyandarua, puisque la partition pour quatre violoncelles créée à New-York par Cello existe aussi dans des versions pour huit et douze violoncelles. On retrouve dans cette étrange polyphonie toute la singularité de l’univers de Florentz : une harmonie personnelle, un goût pour la mélopée, une mélancolie mêlée d’allégresse.
L’œuvre, fluide, se resserre parfois, à la faveur de « nœuds » rythmiques, d’urgences ornementales qui font penser à l’inspiration extra-orientale dont Florentz ne peut être que marqué, lui qui enseigne l’ethnomusicologie au Conservatoire National supérieur de Lyon. Pour autant, rien ne sonne comme cette world music souvent bâtarde et attiédie.
Chant de Nyandarua est une pièce brûlante—sorte de Chansons madécasses modernes—que les quatre musiciennes jouent magnifiquement. [...]
Renaud Machart, Le Monde du 29 avril 1997
Auditions et enregistrement
Création du Chant de Nyandarua op. 6 : le 11 mars 1986, Maison de la Radio, Auditorium 104 (devenu salle Olivier Messiaen), par le Quatuor de violoncelles de l’Ensemble Orchestral de Paris : Paul Boufil, Marcel Bardon, Manfred Stilz, Franky Dariel.
CD Vogue 651-645007 133 violoncelles pour Pablo Casals épuisé
Création du Second Chant de Nyandarua op. 11 : 3 février 1996, Maison de la Radio, Festival Présence 1996, par les violoncellistes de l’Orchestre National et de l’Orchestre Philarmonique de Radio-France
Direction : Didier Benetti
Partition
Éditée chez Alphonse Leduc Paris sous la référence AL 27286 pour l’opus 6.
Disponible à l’achat sur la librairie foliomusic.
Éditée chez Alphonse Leduc Paris sous la référence AL 29025 pour l’opus 11 (poche), matériel en location.
1 Prononcer : Nyandarwa