Laudes Kidân za-Nageh
Sept pièces pour orgue opus 5
Commande de « Ars Organorum » de Plaisance-du-Gers
Durée : environ 32 min.
Dédié à Daniel Birouste et Bertrand Lazerme
Temps de mûrissement : octobre 1983 à octobre 1984 – Séjour à Madrid – Nombreuses visites d’orgues espagnols, en particulier Ségovie (novembre 1983) – Valladolid – Séjour à Cuenca (travaux sur l’orgue de l’église San Miguel, mai 1984). Voyage à Palma de Mallorca. Troisième voyage au Kenya (août-septembre 1984) : Maâsaï Mara, Turkuna, Kakamega forest, Tsavo-West et Tsavo-East. Retour à Palma de Mallorca.
J’ai essayé de faire de ces Laudes des « icônes musicales » de Marie pleurant la persécution de l’Éthiopie. Mais elles se voudraient autant de chants d’espérance en un monde délivré des épreuves et des guerres…
Situées au centre du triptyque marial le Livre du Pacte de Miséricorde, les Laudes constituent un ensemble de sept pièces pour orgue que le compositeur qualifie de magico-religieuses, destinées à assurer les bons offices de Dieu, de Marie et des génies, au lever du soleil.
Elles s’inspirent du Kidân za-Nageh éthiopien, office du matin, qui date du XIVe siècle; l’office des Laudes est en effet, dans la Liturgie des Heures, chanté au lever du jour. Le fait que le compositeur place au centre d’une grande fresque symphonique et chorale (le premier volet, Magnificat-Antiphone pour la Visitation, est apparenté à l’oratorio ; le troisième, Asùn, relève plus du « mystère sacré » du Moyen-Âge ou de l’opéra) un cycle de pièces pour orgue montre, outre l’intêret qu’il porte à cet instrument, la dimension symphonique et lyrique qu’il lui confère. Même si les Laudes sont jouables sur des [...] instruments de dimension moyenne (à l’instar de l’orgue de Plaisance-du-Gers pour lequel elles furent écrites ; le compositeur les a par ailleurs façonnées au contact d’orgues espagnols anciens), c’est au grand orgue symphonique augmenté des apports contemporains (jeux de mutations
les plus variés, sostenutos, combinateur performant…) que le compositeur les destine intimement. Le timbre prend ici une importance exceptionnelle car il est lié au sens même de l’œuvre. Chacune des pièces du cycle, qu’elle soit litanique, méditative, processionnelle, incantatoire ou dansée, possède une couleur particulière et fait sonner l’orgue moderne d’une façon véritablement inouïe.
Michel Bourcier
Extrait de « les journées Jean-Louis Florentz », juin 1999, La Roche-sur-Yon, le manège scène nationale.
1. « Dis-moi ton nom… » (Ngrânni samaka) : un appel à la prière.
2. « Prière pour délier les charmes » (Mâftehê seray) : une incantation.
3. « Harpe de Marie » (Arganona Mâryâm) : une danse sacrée.
4. « Chant des fleurs » (Mâhlêta segê) : une méditation.
5. « Pleurs de la Vierge » (Lâhâ Mâryâm) : un cantique.
6. « Rempart de la Croix » (Hasura Masqal) : une procession.
7. « ...Seigneur des Lumières » (Agzi abahêr zabarhânât) : une hymne.
Extrait de correspondance
Cher Ami,
La Maison Leduc m’a envoyé votre oeuvre admirable : Laudes, sept pièces pour orgue. Je tiens à vous féliciter de tout cœur pour l’originalité et la beauté de ces pièces.
Non seulement elles sont très bien écrites pour l’orgue, mais elles apportent à la musique contemporaine quelque chose de nouveau dans la conception et la couleur sonore, qui vient peut-être en partie de votre fréquentation de l’Abyssinie chrétienne et aussi du désert du Sahara, mais qui reste quand même votre œuvre, signée Florentz de bout en bout.
Avec toute mon admiration et mes bonnes amitiés.
Olivier Messiaen, 28 septembre 1988
Auditions et enregistrements
Création : le 24 septembre 1985, Église des Billettes, Paris.
Orgue : Michel Bourcier.
et le 5 juin 1988 à Plaisance-du-Gers.
Orgue : Michel Bourcier.
CD ERATO 2292-45432-2 MFA (1990) épuisé
CD KOCH SCHWANN 3-6407-2 H1 (1995) épuisé
Partition
Éditée chez Alphonse Leduc, Paris, sous la référence AL 29213.
Disponible à la vente sur foliomusic, ainsi qu’en trois volumes : vol. 1, vol. 2 et vol. 3.