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Magnificat

Antiphone pour la visitation op. 3 pour ténor, chœur mixte et orchestre.

À tous égards, le Magnificat de Jean-Louis Florentz se définit comme une œuvre clé parmi toutes celles qui s’inscrivent dans le parcours du compositeur. C’est la première fois, en effet, qu’il projette un tel ensemble d’options multi-dimensionnelles tant par ses composantes—théologies chrétiennes d’occident et d’orient, références au monde animal et aux rituels africains, entre autres—que par l’importance d’un effectif vocal et instrumental dont la nécessité s’impose à l’évidence.
Par ailleurs, cette ardente exégèse de la Visitation n’est-elle pas la clef de voûte d’un édifice monumental entièrement dédié à la Vierge ?
Ce n’est pas un hasard si cet évènement essentiel du culte marial, culte dont le choix remonte à la prime jeunesse du musicien, s’inscrit sous le signe du Voyage et de la Rencontre : le voyage de la Vierge vers la cité de Judas et la rencontre avec sa cousine Élisabeth, première confidente de ce fait extra-ordinaire qu’est l’Incarnation du Christ.
Ici déjà et bientôt ailleurs, les thèmes du Voyage et de la Rencontre s’affirment comme l’un des axes fondateurs et récurrents de l’art de Jean-Louis Florentz.

Myriam Soumagnac, le 29 octobre 2005

Le Magnificat-Antiphone pour la Visitation constitue le premier volet du triptyque écrit entre 1979 et 1988 intitulé le Livre du Pacte de Miséricorde qui comporte également les Laudes op. 5 pour orgue et Asùn (Requiem de la Vierge) op. 7 pour soprano, ténor, baryton, chœur d’enfants, chœur mixte et orchestre. L’ensemble constitue un office, destiné à honorer Marie d’une façon particulièrement solennelle, office dérivé et inspiré du Keshtat za’Aryâm éthiopien. En effet, la liturgie éthiopienne est au cœur de ce Triptyque Marial. On peut dire plus généralement : l’univers religieux et culturel est-africain, et cela jusque dans les détails même de l’écriture [...].
Le Magnificat-Antiphone pour la Visitation, commencé en Afrique en 1979, fut rédigé et orchestré à Rome, pendant mon séjour à la Villa Médicis, d’où j’allais régulièrement m’initier à la liturgie et à la musique sacrée éthiopienne au Vatican, auprès de Mgr Abba Pietrus Haîlu da Hebo, évêque érythréen.
L’ouvrage fut créé le 16 décembre 1980 et est dédié à Roland Bourdin.

Extraits de programme et de presse

Sens profond de la nature. Aspiration vers l’infini. Esprit voué à la contemplation et, parallèlement, orienté vers les sciences. Pensée et oreille attentives aux rites de civilisations lointaines. Influence des musiques extra-européennes. Échos du monde des insectes, comme de celui des oiseaux et de toute une vie animale secrète et frémissante—tout ceci associé à la liturgie. Par-dessus tout, spiritualité profonde.
Telles sont les particularités que me semble révéler la musique de Jean-Louis Florentz. Telles sont, en tout cas, les remarques que m’inspirent aussi bien la lecture de la partition que l’audition de son Magnificat dont la création m’avait laissé une vive impression. À chaque nouvelle approche de cet ouvrage, je retrouve à la fois le foisonnement d’idées et l’imagination sonore qui m’avaient déjà séduit dans sa partition antérieure, Ténéré, outre les qualités de fini dans la mise en œuvre que j’apprécie particulièrement. Enfin, j’y découvre à nouveau un sens aigu du mystère sans lequel, pour moi, il n’est pas de vraie musique.

Henri Dutilleux, février 1988
Extrait du programme de l’Ensemble Orchestral de Paris du concert du 15 mars 1988

Un vitrail aux couleurs radieuses [...] qui vit et se transforme peu à peu selon l’inclinaison des rayons du soleil [...] Jean-Pierre Wallez en a donné avec l’excellent Ensemble vocal Michel Piquemal une très belle interprétation qui a remporté un grand succès dans l’église Saint-Séverin archi-comble.

Jacques Lonchampt, Le Monde du 20 décembre 1980

Ce Magnificat apparaît comme une partition d’une haute élévation d’esprit, écrite avec une technique d’une totale sûreté [...] l’œuvre d’une construction stricte, totalement maîtrisée.

Gérard Mannoni, Le Quotidien de Paris du 22 décembre 1980

Auditions et enregistrement

Création : Église Saint-Séverin, Paris, le 16 décembre 1980, dans le cadre du Festival d’Art Sacré de la Ville de Paris.
Ensemble Orchestral de Paris
Ensemble vocal Michel Piquemal
Ténor : Christian Jean
Direction : Jean-Pierre Wallez.

CD ERATO/MFA 2292-45432-2 (1990)
Ensemble Orchestral de Paris
Ensemble vocal Michel Piquemal
Ténor : Yan Caley
Direction : Armin Jordan
actuellement épuisé

Partition

Éditée par Alphonse Leduc, Paris, sous la référence AL 28848 (conducteur) et réduction piano.

Disponible à la vente sur le site foliomusic (réduction piano).

Bibliographie

GUITTON-LANQUEST, Pascale. « Jean-Louis Florentz Magnificat-Antiphone pour la Visitation : Rite, nature, nombre : la femme, médiatrice du sacré », Intemporel (Bulletin de la Société Nationale de Musique) n° 17, janvier-mars 1996. [lire en ligne]

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